De nature, j’en ai parlé dans plusieurs articles, je suis angoissée chronique. Depuis toute petite, je vis avec des angoisses et des peurs, qui peuvent vraiment devenir handicapantes au quotidien. Dans mon entourage proche, les personnes me connaissent et savent que j’ai parfois beaucoup de mal à gérer des activités ou des environnements qui peuvent paraître inoffensifs. Selon les périodes et comment je me sens dans ma vie et dans ma tête, mes angoisses sont évidemment plus ou moins présentes. Dans les périodes les plus accrues, je peux avoir de la phobie sociale, des crises d’angoisse, de pleurs, etc.

Les personnes angoissées sont relativement courantes autour de nous. J’ai donc l’occasion de discuter du sujet assez régulièrement. De plus en plus souvent, quand je parle de mon parcours et en particulier en tant que voyageuse, les personnes se demandent comme cela est possible. Beaucoup me demandent comment j’ai fait pour voyager en étant angoissée chronique et en ayant peur de tout ? Je sais que pour beaucoup de personnes souffrant d’angoisses, cela peut paraître impossible. 

Les angoisses ont le grand pouvoir de nous faire rester bien sagement dans notre zone de confort. On s’y sent bien, il n’y a pas de danger, on est en sécurité. Je sais comme il peut être facile de se renfermer sur soi-même, afin d’éviter le mal-être associé à nos angoisses. Et vous savez quoi ? Dans certaines périodes de notre vie, c’est OK. C’est OK de rester dans sa zone de confort et de s’y sentir bien, c’est OK de ne pas prendre de risques et de ne pas se torturer. Personne n’a le droit de vous jeter la pierre, même pas vous-même.

Je sais que l’on est dans un monde où il faut être ambitieux, courageux, voire téméraire, souvent cela est même valorisé. Pourtant, il n’y a pas de mal à ne pas l’être tout le temps. À certaines périodes de notre vie, on a juste besoin de sécurité pour évoluer en paix. Maintenant que j’ai mis les choses au point à ce sujet, revenons au voyage.

Il semblerait que de plus en plus dans notre société, le fait de voyager est mise en avant. Autant sur le CV, que socialement, quelqu’un qui voyage est vu comme une personne courageuse, autonome et débrouillarde. Il est loin le temps où les voyageurs étaient des vagabonds vu comme les parias de la société. Dieu merci, les mentalités évoluent à ce sujet.

Je dois dire que je n’ai pas du tout le profil type d’une voyageuse. Étant peureuse, angoissée, stressée de la vie et tête en l’air, je n’avais pas vraiment les bonnes cases de cochées sur le papier. Pourtant, cela ne m’a pas empêché de partir seule, voyager à 18 ans en Europe et en Asie du Sud-Est. Même le fait d’être une femme ne m’a pas effrayé. Alors, comment j’ai fait ? Quelle est ma recette magique pour sortir de sa zone de confort et se jeter dans la gueule du loup ?

Vous savez quoi ? Je n’en ai pas trouvé. Il n’y a pas de baguette magique qui va vous ôter toutes vos angoisses du jour au lendemain. J’ai fait du mieux que j’ai pu et surtout, je m’en suis cru capable. Voilà le nerf de la guerre : la confiance en soi. Bon allez, je suis sympa, je vais quand même vous donner quelques conseils qui m’ont bien servi pour partir voyager.

1. Si vous ne le sentez pas, n’y allez pas !

Bien sûr, je sais que vous en avez envie, je sais que vous avez peur, mais qu’est-ce que vous dit votre cœur ? Il y a une chose qui ne nous trompe pas si l’on sait vraiment l’écouter avec notre cœur, c’est notre instinct. Si quand vous songez à vous, à l’autre bout du monde, seul, vous avez plus mal au ventre d’angoisses, que d’envie, c’est que ce n’est peut-être pas le bon moment.

Dans la vie, il y a deux types de peur. Celle qui vous empêche de faire des choses parce que vous sentez à l’intérieur de vous que c’est une bêtise. Et celle qui vous force à sortir de votre zone de confort, mais que vous savez que vous pouvez la dépasser pour réaliser ce qui vous fait envie. La première vous évite parfois de faire des erreurs, la deuxième vous freine parfois dans vos projets. J’ai mis du temps avant de savoir les différencier, j’ai dû accepter que parfois j’allais me tromper, mais je sais que pour la deuxième, le jeu en vaut la chandelle. Quand l’envie dépasse la peur, alors il faut y aller.

2. Ne vous laissez pas le temps de vous poser des questions !

Si vous êtes comme moi, hypersensible, angoissée chronique, qui se pose tout le temps 10000 questions. Si ça ne s’arrête jamais de tourner dans votre tête, parfois à tort, parfois à raison. Alors vous savez que souvent, c’est très fatigant. Il faut tout le temps qu’on remette les choses en question, qu’on doute, qu’on revienne sur nos choix, c’est épuisant. À partir du moment où la machine est lancée, on ne peut plus l’arrêter. On imagine des scénarios pas possibles dans notre tête, on s’invente des histoires, on se crée des angoisses injustifiées. En général, plus on a le temps de réfléchir sur nos actions, plus on a de chance de changer d’avis et de paniquer. Et en même temps, si l’on ne prévoit rien, on stress aussi.

Alors l’astuce, c’est qu’il faut connaître les informations qui nous rassurent (villes, hôtels, visites, etc), mais ne pas trop s’y prendre à l’avance. Choisissez de faire les choses assez spontanément, quand vous êtes encore dans la folie de l’instant. Quand vous pensez à vos projets, à votre voyage, que vous avez le cœur qui palpite, que vous vous sentez prêt à affronter le monde et à l’engloutir. Profitez de cette belle énergie et lancez-vous. N’attendez pas que votre raison vous rattrape, qu’elle vous ramène les pieds sur terre, qu’elle vous rappelle vos obligations, vos angoisses et vos problèmes. Fuyez-la à tout prix et dépêchez-vous de passer à l’action.

Personnellement, ma petite astuce c’est que j’essaye de ne pas me visualiser et de faire comme si les choses n’allaient pas arriver jusqu’au dernier moment. Comme cela, mon imagination n’a pas le temps de se mettre en marche et je ne m’invente pas des histoires qui ont souvent ni queue, ni tête. Plus j’ai l’impression que les événements ne sont pas réels, que c’est dans un futur lointain, moins je stress avant et moins j’ai de chance de tout annuler.

3. Créez vous un environnement rassurant.

Je sais que lorsque l’on voyage et que l’on est angoissé par nature, on peut très vite se sentir en insécurité hors de notre petit cocon. Loin de notre famille, de notre pays, de notre quotidien, la panique peut vite prendre le dessus. Il est normal d’avoir peur et de se sentir inconfortable dans ce genre de situation. Quitter sa zone de confort n’est jamais évident, encore moins pour les personnes angoissées. Petit à petit, loin de chez soi, il faut apprendre à se recréer un environnement rassurant. Même à l’autre bout du monde, il est toujours bon de se créer des nouveaux repères, des petites habitudes, qui nous rendent un peu plus sereins.

Personnellement, je sais que j’aimais bien me créer des nouvelles habitudes à chaque changement de ville. Trouver des restaurants où je me sentais bien, discuter avec les locaux, déballer quelques affaires dans ma chambre, etc. Au bout de deux, trois fois, on se sent déjà plus familier avec l’endroit et on s’y sent mieux. Plus on se crée des repères rassurants, plus on se sent en confiance et mieux on profite de notre environnement. Voyager seul à beaucoup d’avantages et l’on rencontre énormément de personnes. Si vous avez l’occasion de partager quelques jours, voir quelques semaines avec les mêmes personnes, cela renforcera votre sentiment de bien-être.

4. Choisissez le bon moment pour voyager.

Le voyage n’est pas une course ou une case à cocher sur notre to do list. Il est essentiel de le faire quand on se sent prêt et quand on se sent confiant dans notre vie. Si vous êtes dans une période de déprime, d’angoisses, où vous allez pas bien, je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moment pour aborder un tel défi. Voyager nous pousse à être dans une forte insécurité au quotidien, on ne sait parfois pas où l’on va dormir, où l’on va manger, avec qui on sera le lendemain. Si vous ne vous sentez pas solide dans votre tête, il vaut peut-être mieux attendre d’aller mieux.

Je sais que parfois, partir loin peut être très salvateur pour son bien-être. Loin de nos soucis quotidiens, des relations toxiques, de notre environnement stressant, etc. Le voyage peut vraiment aider à se reconstruire et à reprendre confiance en soi et en ses capacités. Mais il ne sert à rien de se brusquer. Au fond de nous, nous savons ce dont nous avons besoin, au moment opportun. Si vous sentez que vous avez besoin d’être entouré des gens que vous aimez pour aller mieux, que vous avez besoin d’un cadre pour le moment, c’est que ce n’est peut-être pas le bon moment.

5. Soyez votre propre moteur !

Évidemment, le discours de beaucoup de personnes qui aimeraient voyager et qui ont peur est souvent le même. Ils attendent de « partir avec quelqu’un », le problème ? C’est que souvent cette personne n’arrive jamais. Du coup, on repousse, on se donne des excuses et on ne part jamais. Je sais que partir avec quelqu’un à un côté rassurant et que cela apaise nos angoisses. Mais si l’opportunité de partir accompagné ne se propose pas, n’attendez pas éternellement.

Prenez confiance en vous et en vos capacités. Ce n’est pas évident, loin de là, mais c’est un réel défi à relever. Soyons clair, vous vous suffisez à vous-même. D’ailleurs, personnellement, je trouve que partir seul est une vraie chance. Vous allez pouvoir beaucoup plus vous ouvrir aux autres et créer des contacts plus facilement. Si vous êtes accompagné, vous aurez tendance à rester avec la personne que vous connaissez. N’hésitez pas à vous mettre dans des situations parfois inconfortables, juste pour le plaisir de voir que finalement, malgré vos angoisses, vous y arriver !

J’espère que cet article aidera toutes les personnes qui aimeraient partir voyager et qui se sentent bloquées par leurs angoisses. Vivre avec ses angoisses au quotidien est déjà tout un défi, alors en voyage, c’est encore toute une étape. Évidemment, cela dépend aussi de vos angoisses. Personnellement, les responsabilités et les obligations ont toujours été pour moi une source d’angoisses importante. En voyageant et en n’ayant aucun compte à rendre à personne, cela à tendance à parfois apaiser mes angoisses. Cependant, tout dépend des périodes et de nos besoins à l’instant T ! Je vous souhaite de suivre un maximum vos rêves et de prendre le temps qu’il vous faut pour les réaliser ! Rien ne sert de courir, tout vient à point à qui sait attendre ;).