productivité

C’est un sentiment toujours nouveau, d’une puissance angoissante, de ceux qui vous clouent au lit, dont on a l’impression qui ne sont jamais finis.

Je me sens parfois comme dans une misère à ciel ouvert, mais j’essaye de garder les pieds sur terre, de me faire taire. Je suis trop souvent injuste, mais qu’est-ce qui mérite vraiment ma lutte. Envers moi-même, envers les autres, trop souvent envier, ne jamais être satisfait. Je me sens pourri gâtée.

C’est un drôle de sentiment, de ce qui ne parte pas au gré du vent, qui vous laisse un goût amer, comme après un bain de mer. Difficile à décrire, difficile à écrire, pourtant je m’y emploi, car j’ai besoin que cela sorte de moi. Alors, je vais essayer, essayer de le partager, simplement pour me soulager.

Se lancer plein d’objectifs, pour finalement se rendre compte qu’on est chétifs. Se donner plein de buts, jouer de la flûte, s’imposer un tempo, jouer du pipo. Partagée entre envie et déni, entre action et soumission, le cordon se tend. Productivité à deux balles, on se tire une balle.

Travailler pour gagner de l’argent, pour faire partie de cette société de consommation. Je n’en ai pas envie, je ne veux pas être moi aussi une petite souris. J’ai peur que l’on m’attrape, que l’on me mette en cage, que l’on ferme ma trappe, que cela me saccage. J’ai peur d’étouffer, de manquer d’air pour respirer.

Il faut faire pour exister, parce que ne rien faire n’est pas accepté. On ne veut pas être un vaurien, un bon à rien, qui ne sert à rien. Alors, on nous demande de produire, de toujours plus nous salir. On finit même par y perdre notre foi, bousculé par le chamboulement de nos émois. Rien n’est vraiment jamais certain, mais ce qu’il est sûr, c’est qu’aujourd’hui de cette vie je n’en ferai rien.

Moi la vie, je veux lui dire merci, pas me réveiller après qu’elle soit partie.

Comme une belle femme après l’amour, se réveiller et admirer ses contours. Bercer par ses courbes, que mon cœur s’embourbe. Dans la douceur de ses caresses, avoir l’impression d’être une déesse. Simplement être différente, pas faire partie de toutes ces âmes mouvantes.

Encerclé par la société, pas facile de protester. Faut savoir faire des choix, renoncer à cocher toutes les croix. Sur le papier ce n’est pas bon, c’est mal vu d’être un vagabond. Qu’importe je m’en fiche, je ne veux pas que mes émotions soient en friche. Besoin de liberté, de quitter cette satanée réalité, bouffée par la productivité, envie de tout changer.

Vivre des expériences, parce que je ne veux pas mourir dans l’ignorance. Relâcher la pression, se demander ce que finalement, nous on veut vraiment. Arrêter de lutter contre nous-même, de ranger nos idéaux au plus profond de notre cervelle, de noyer tout cela dans des verres de vodka. Se lever tous les matins avec la gueule de bois, qui nous rappelle que ce boulot on ne l’aime pas. Un jour de plus à se traîner dans cet enfer, pour remplir nos poches d’un tas pierres. Franchement, quel beau cimetière.

Saleté de productivité, qui nous fait rater nos petits déjeuners…

Jamais le temps de rien faire, juste à peine assez pour se laisser couler dans ce calvaire. Prendre le temps de regarder un beau coucher de soleil, de s’émerveiller de mille merveilles. Apprendre à changer ses créneaux, à limiter nos envies de trop. Pas besoin de se tuer à la tâche, quand on sait pourquoi on se crache.

Savoir réfléchir autrement, se demander si notre temps vaut vraiment si peu d’argent. Découvrir ce qui est vraiment important pour soi et se bâtir autour de cela. Arrêter de faire les choses que par défaut, parce que la vie ça doit être avant tout beau. Apprécier de prendre son temps, de savourer les petits moments, d’être présent à chaque instant. Stopper cette course contre l’horloge, où l’on peut sentir notre stress qui dégorge. Prendre le temps de respirer, de nous demander ce qui nous fait rêver. Sentir la joie dans notre cœur, de pouvoir nous laisser guider par notre rythme intérieur. Se laisser porter par ce doux chant, qui nous éloigne petit à petit de ce foutu argent…

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