Savoir faire des choix, pour être soi-même…

soi-même

S’il y a bien une chose qui j’ai remarqué qui est toujours difficile pour l’être humain, c’est de savoir faire des choix afin de trouver son propre équilibre et être soi-même. 

Nous pouvons chaque jour le remarquer autour de nous, le monde qui nous entoure est rempli de tentations et la société nous pousse toujours plus à nous éloigner de nous-même. La consommation en est l’exemple parfait. Les publicités nous rabâchent sans cesse que nous avons besoin de nouvelles choses pour être heureux et nous finissons par nous-même en être persuadé. Rien ne va jamais, ce n’est jamais assez.

Nous sommes pour la plupart ce que j’appelle “des professionnels de l’excuse”. Nous n’avons jamais ni assez de temps, ni assez d’argent, ni assez de motivation, ni assez d’amis, toute notre vie finit par tourner autour de ce “ni assez”. Alors on se dit que ça ira mieux demain, qu’on fera mieux plus tard, qu’on fera ceci ou cela. On excepte un futur qui n’arrivera jamais, en se fixant des objectifs qui nous semblent sur le moment plein de bonnes intentions. Le problème ? C’est que ce demain n’arrivera jamais. On se dit que l’on n’a pas le bon environnement pour réaliser ce qui compte vraiment pour nous. Que l’on n’a pas le bon “timing”, le bon boulot, la bonne situation, etc. En fait, rien ne correspond jamais avec nos attentes profondes. L’humain excelle dans cette capacité à être perpétuellement insatisfait, tout en nourrissant des rêves qui ne se réaliseront jamais.

C’est un peu comme être toujours tiraillé entre deux voix dans notre tête. L’une nous souffle les bonnes décisions que l’on devrait prendre, essaye de nous ouvrir les yeux pour nous montrer le chemin. Et l’autre, beaucoup plus bruyante, nous hurle que nous verrons demain, que ce n’est pas grave, que finalement, ce n’est pas possible. Tiraillé entre ces deux pulsions et épuisé de se battre contre nous-même, nous nous laissons trop souvent couler dans le flow de la vie. Nous avons beau avoir cette petite voie au fond de nous, qui nous hurle que ça ne va pas, que ce qu’on fait, c’est n’importe quoi, on continue à se convaincre que “si” demain sera mieux. Parfois nous faisons deux pas en avant, puis nous perdons l’équilibre quelques instants et tout s’écroule à nouveau, nous faisons trois pas en arrière pour nous punir de notre échec.

Tous les êtres humains sont par nature au cours de leur vie tourmentés et en quête d’équilibre. On veut tous faire la paix avec nous-même. Pourtant, nous nous obstinons parfois à faire les mêmes erreurs, à choisir les solutions de facilité, celles qui nous demandent un choix passif ou encore mieux, pas de choix du tout. On ne veut pas faire de sacrifices, on ne veut pas faire de choix, on veut juste se persuader que ce n’est pas le bon moment, qu’un autre jour on y arrivera. J’ai parfois moi-même l’impression que je ne veux pas m’en sortir et que les autres ne le veulent pas non plus. L’homme aime se complaindre dans son malheur, parce qu’il est plus facile de se plaindre, que de passer à l’action.

Combien de personnes j’entends dire : “il faut vraiment que je perde du poids, que je fasse un régime, bla bla bla”, et que je retrouve deux jours plus tard à manger n’importe quoi en disant “ce n’est pas le bon moment, je le ferai quand ce sera une meilleure période, etc.”. Bien sûr, ce bon moment n’arrivera jamais, rien n’arrive jamais si l’on ne prend pas la décision d’assumer nos choix. Peut-être est-ce cela le réel problème : “Sommes-nous prêts à assumer nos choix ?”. Savoir dire non en fonction de nos priorités, des décisions que l’on a décidé d’appliquer dans notre vie.

Pour assumer ses choix, cela demande une force mentale qui est souvent déjà épuisé par notre vie quotidienne. On passe parfois tellement de temps à se torturer l’esprit, à se reprocher que l’on ne fait pas les bonnes choses, qu’au moment de passer à l’action, notre énergie est déjà au plus bas. Il est particulièrement difficile de le reconnaître et de se dire : “Ok, je sais ce qui serait bon pour moi, mais je me sens trop faible pour assumer cela”. Croyez-moi, nous avons tous une vie “bien remplie”, quand il s’agit de se trouver des excuses pour procrastiner des activités qui pourtant nous font envie. J’essaye de me dire qu’il est possible de trouver un équilibre entre vie saine et en paix avec soi-même et une vie sociale et parfois un peu bordélique. Mais il m’arrive moi-aussi encore parfois de douter de la possibilité d’une telle vie.

L’ennemi premier de cette vie idyllique dont on rêve tous, c’est notre passion plus ou moins importante pour l’excès. Pourquoi avons-nous tant de mal à trouver un équilibre ? Soit tout va bien, soit tout va mal. Soit on mène une vie hyper saine et on se donne à fond pour notre bien-être, soit on s’enfonce dans une spirale infernale d’une vie de débauche à outrance. Soit on est passionnément impliqué dans une activité, soit nous abandonnons faute de motivation et d’envie. Tout est comme ça et notre équilibre est toujours en première ligne de nos excès.

Savoir se dire : “Je veux agir ainsi car c’est cela que mon cœur me dicte et qui me rend heureux” et appliquer ses choix et actions en fonction. C’est souvent beaucoup plus difficile que de fuir nos problèmes et finalement de nous soustraire à notre propre vie. Il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose à accuser, simplement pour ne pas reconnaître que c’est de notre faute, que l’on n’est pas assez fort pour suivre notre volonté et nos envies premières. Certaines personnes réussissent mieux que d’autres à s’autodiscipliner, que cela soit en bien, en accord avec eux-même ou en mal, en se convainquant qu’il n’y a aucune autre solution.

On passe tous dans notre vie par des périodes où l’on est paumé, où l’on fait n’importe quoi, où l’on envoie tout valser pour oublier. C’est normal, c’est humain, on a tous le droit d’aller mal. Mais l’humain est un être complexe, doté d’une pensée hyperactive, d’émotions incontrôlables et d’un corps qui doit assumer les coups qu’on lui porte. Parfois, c’est simplement trop, on baisse les armes et on est tout à coup très vulnérable face à une société sans pitié. On se retrouve à se regarder dans le miroir, à se demander à quel moment on a merdé.

Notre volonté est parfois soumise à tellement d’éléments intérieurs et extérieurs, que nous sommes inévitablement emportés dans un tourbillon que l’on a du mal à contrôler ou même pire, à stopper. Dompter sa volonté et affirmer ses décisions contre vents et marées, voilà un défi ambitieux qu’il faut savoir relever.

Contrairement à la croyance populaire, notre pire ennemi ce n’est pas ce qui nous entoure, c’est nous-même. On peut changer de lieu, d’emploi, d’amis, de compagnon, de mode de vie, d’environnement et bien d’autres, autant de fois que l’on veut, si en nous-même on ne change pas, il ne se passera rien de plus. Changer sa vie n’est pas en soi difficile, c’est se changer soi-même qui l’est. Prendre du recul sur la réalité de notre situation et passer à l’action pour en changer, c’est à la portée de tous. Mais faut-il encore en avoir réellement envie et surtout, se donner la force et la rage d’y arriver.

Affronter son démon intérieur, rien au monde ne fait plus peur que cela. Il gronde comme un lion en cage, tire sans cesse la corde qui le retient en arrière, essaye d’attirer notre attention de mille et une manière, mais terrorisé par sa puissance, nous préférons ne pas nous en approcher de trop prêt et nous prenons au maximum le large. S’ensuit le bal des détours, des chemins escarpés, des montagnes à gravir et des chutes à répétition, tout cela pour simplement éviter ce démon qui nous traque sans cesse.

En réalité, notre démon intérieur est un petit ange, qui est tout aussi effrayé que nous par la réalité. Il essaye pourtant de sortir, de nous secouer un peu, de nous envoyer des messages, mais nous mettons tellement d’énergie et d’enthousiasme à l’éviter, que nous finissons par y arriver avec brio et à le faire disparaître pendant quelque temps. Mais le démon revient toujours, plus fort, plus acharné, plus résistant. Alors, il est de plus en plus difficile de le faire botter en touche, il devient de plus en plus difficile de se mentir à soi-même.

Combien de temps pouvons-nous faire durer l’illusion ? Certainement éternellement si nous finissons par renoncer au combat, si nous acceptons qu’il vive avec nous, en nous et qu’il torpille notre esprit et notre vie selon ses humeurs. Au lieu d’écouter notre démon, nous préférons passer un pacte avec lui pour qu’il accepte de nous laisser des moments de répit. Aussi brefs soient-ils, nous nous en contentons. Est-ce mal ? Je ne saurais juger, chacun est bien libre de faire ce qu’il veut de son petit démon. Ce qui est sûr, c’est que nier sa présence, finira toujours par lui donner encore plus d’importance. Soit on passe notre vie à le soudoyer, soit nous l’affrontons, dans les deux-cas, nous sommes tout autant terrorisé face à ce choix.

Le soudoyer suppose de lui offrir régulièrement des gâteries, afin qu’il nous laisse tranquille et dans une paix éphémère quelque temps. Dans notre société actuelle, cela passe par lui offrir des plaisirs sur le moment en tous genres, de ceux qu’ils lui permettent d’oublier pendant un temps sa nature même d’exister. On va consommer tout ce qui est consommable, que cela soit économique, émotionnel, culturel et autres. Mais cela demande d’accepter de tout faire pour l’oublier, qu’importe les sacrifices que cela implique. Peut-être mourrons-nous remplit de regrets, mais nous mourrons avec notre démon juste à côté de nous, il n’aura pas bougé. Comme un doudou dont-on a du mal à se défaire, il nous accompagnera jusqu’au bout.

Puis y a la deuxième option. Celle-ci demande un autre type de courage, mais il nous en faudra tout autant. Affronter son démon, c’est s’affronter soi-même. C’est accepter de lâcher son doudou et de l’abandonner sur le bord de la route. Ça nous fait peur, on ne sait pas comment on va gérer la vie sans lui. C’est prendre son courage à deux mains et lui dire ses quatre vérités, on a peur de le blesser, qu’il soit encore plus fâché. Affronter son démon intérieur, c’est détacher la corde du lion et lui ouvrir sa cage. Bien sûr que cela est terrifiant, parce que l’on ne sait pas exactement ce qui va nous arriver. Cela demande de se retrouver en face en face avec lui et par intermédiaire, avec soi-même, avec ses responsabilités. Sommes-nous prêts à être responsable de notre propre vie ? Sommes-nous prêts à nous affronter nous-même ? Avons-nous la foi de chercher une paix non plus éphémère, mais éternelle ? Chacun répondra au cours de sa vie à ses propres questions. Il n’y a pas en soi une réponse bien ou mal, ce n’est qu’une question de choix et de courage.

Dans cet article se trouvent des généralités, des phrases qui peuvent s’apparenter à des conseils, ou pire, à des leçons de morale. Pourtant, cela n’en est rien. Nous tentons tous de faire au mieux dans notre vie, de donner un sens à notre existence. Mais nous sommes aussi tous confrontés aux mêmes doutes, aux mêmes peurs, aux mêmes questions et surtout, à la même réalité. Rien n’est jamais noir ou blanc, rien n’est jamais définitif, tout peut toujours changer, il suffit simplement de le vouloir vraiment…

Je vous embrasse,

Kiss <3

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