parfait

Aujourd’hui, j’ai envie d’aborder un culte très répandu dans notre société. Ce culte, c’est celui de la perfection. Nous passons notre vie en quête d’un mieux, d’un meilleur et parfois, nous y perdons même nos valeurs. À partir de quel moment, allons-nous accepter de ne pas être parfait et que rien ne le sera jamais ? Quand allons-nous décider d’arrêter de nous torturer ?

Pendant des années, je n’ai pas cessé de me culpabiliser. Je me suis continuellement reprochée tout ce que je faisais et demandais si c’était « assé ». Je me suis questionnée, tourmentée, torturée, jusqu’à que ma tête soit sur le point d’exploser et qu’elle me supplie d’arrêter.

J’ai tant de fois pleuré, hurlé, car j’avais l’impression de ne pas faire assez. Je voulais aider, donner, à tous ceux que j’aimais. Pendant des années, j’ai pansé les pleurs et écouté les chagrins. J’ai été l’épaule, sur laquelle on se repose et le pilier, où l’on pouvait se poser. J’ai tellement voulu aider, que j’ai fini par m’oublier.

Et puis un jour, j’ai compris. J’ai compris que je pouvais aimer, donner, partager et que juste ça c’était assez. J’ai compris que ce n’était pas grave si tout n’était pas parfait et que finalement, je m’en fichais. J’ai arrêté de vouloir tous les sauver et je me suis recentré. Je me suis confronté à moi-même et j’ai enfin commencé à m’aimer.

Pouvons-nous réellement diffuser de l’amour, de la paix, si intérieurement nous sommes rongés ? Nous vivons dans un monde, où nous sommes terrifiés de nous tromper, d’échouer, de tout rater. Nous nous enfermons dans une quête du « plus », du bonus. Sans jamais en terminer, sans aucune réelle finalité.

Nous devenons de plus en plus intransigeant, envers nous-mêmes, mais aussi envers les autres. Nous ne laissons plus de place à l’erreur, tout n’est plus que jugements et terreur.

Nous voulons le corps parfait, le métier rêvé et un grand foyer. Enfermés dans un conditionnement de la perfection, nous finissons par en oublier qui nous sommes réellement. Toutes nos actions riment avec utilité, tous nos moments avec productivité, nous ne recherchons alors plus que l’efficacité.

Dans ce cercle vicieux où nous sommes entrés, nous ne voyons plus le progrès comme une évolution, mais comme un pas de plus vers la perfection. Nous faisons tout par utilité, par intérêt et nous finissons par arrêter de profiter, de rêver.

Nous courons après le temps pour en faire plus, pour en voir toujours plus. Nous passons notre vie à vouloir faire mieux, dans l’espoir d’être peut-être un jour heureux. Nous poussons notre corps dans ses limites, notre esprit au bord du précipice et nous nous mettons à prier, prier de ne jamais tomber. Mais combien de temps pourrons-nous marcher sur la corde ? Combien de temps pourrons-nous tenir cet équilibre ? Allons-nous un jour cesser de nous mentir ?

Nous admirons la vie des autres, en pensant qu’ils ont une vie parfaite. Nous idolâtrons des icônes de la beauté, en espérant pouvoir un jour leur ressembler. Quand allons-nous arrêter de nous flageller, car nous ne sommes pas parfait ? Quand allons-nous décider d’être heureux de ce qu’on est ?

Et si nous prenions un instant pour se poser, un moment pour respirer et que nous regardions autour de nous la réalité. Qu’observons-nous ? Que voyons-nous ? Ne serait-ce pas des milliers de gens, qui comme nous, sont paumés ? Qui peut réellement vous dire qu’il est toujours satisfait ? Qui vit dans un monde parfait ? Personne, je le crains. Nous pouvons arrêter d’en douter.

Nous sommes tous confrontés à des difficultés, à notre propre complexité et avec ça, nous essayons chaque jour de dealer. Parfois, on en a marre, on est fatigué, on se sent moche et on a envie de tout arrêter. Et vous savez quoi ? C’est OK. Arrêtons de nous forcer, de nous mentir et nous flageller, nous ne serons jamais parfait.

Je ne suis pas parfaite et je l’accepte. Comme chacun d’entre nous, j’ai des faiblesses, des tristesses et des moments de détresse. Dans ces moments-là, j’ai juste besoin de tendresse. Je ne me force plus, je ne m’oblige plus, je ne m’acharne plus à faire comme si tout allait bien.

Je ne suis pas laxiste ou feignante. Je suis simplement plus bienveillante et conciliante. Je ne suis plus le juge de mes actions, ou de celles des autres, car j’ai accepté que nos comportements ne sont pas notre identification. Nous fonctionnons tous différemment, alors essayons simplement de trouver ce qui fonctionne pour nous. Arrêtons de vouloir trouver la meilleure méthode, la meilleure technique, mais trouvons ce qui nous correspond. Peut-être que ce ne sera pas l’idéal dans les faits, mais pour nous ce sera parfait.

Concentrons sur les choses que nous aimons et laissons les autres de côté. Arrêtons de nous contraindre et de nous forcer, nous n’avons rien à prouver. Mettons-nous à l’écoute de notre corps et de notre cœur. Le reste, la vie le fera d’elle même pour nous aider. Cessons de chercher à être parfait, nous sommes déjà notre propre clé…

Et toi, essayes-tu d’être parfait ? Tu peux venir en parler sur le Groupe Facebook « UN JOUR, UNE QUESTION ».

Kiss <3

Partagez si vous avez aimé ! :)