vieille

Aujourd’hui, je vais te parler d’une anecdote qui revient très souvent à propos de moi. On me qualifie régulièrement de « vieille », dans un sens parfois péjoratif, parfois positif. Je vais donc exposer dans cet article, pourquoi j’aime être une petite vieille !

Pour être tout à fait honnête, j’ai toujours été un peu à côté de mon temps. Déjà petite, je préférais les discussions d’adultes et philosopher sur les questions existentielles. Évidemment, comme tout enfant, j’ai joué à la dînette, en me racontant des histoires. Je me rappelle encore des repas de famille, où j’avais envie de débattre avec les adultes sur des sujets de société et où l’on me réprimandais en me disant « chut, c’est des conversations d’adultes ». Pourtant très vite, un fossé s’est creusé entre mes intérêts et ceux des personnes de mon âge. Je n’ai jamais vu cela comme un problème, j’essayai de me trouver des amis qui me ressemblaient ou je m’adaptais.

Petit à petit, la différence c’est encore creusé un peu plus. Surtout vers l’adolescence. J’étais plutôt studieuse et surtout, très curieuse. Je me suis très vite intéressée à beaucoup de choses et j’ai nourri ma soif d’apprentissage débordante. Autour de moi, les gens de mon âge n’avaient pas particulièrement d’intérêt pour les sujets qui me passionnaient. C’est à partir de là que j’ai créé mon premier blog.

A vrai dire, je m’ennuyais scolairement et intellectuellement. Mes envies de rencontres devenant plus grandes, j’avais vraiment besoin de partager des choses avec des gens qui avaient les mêmes intérêts que moi. À l’époque, cela tournait pas mal autour de la lecture. Je lisais beaucoup et passais le reste de mon temps à chroniquer mes lectures sur mon blog. De là, une réelle passion pour le blogging est née !

Jusqu’au bac, j’ai réussi à allier parcours scolaire et mes passions diverses et variées, que je pratiquais dans mon coin. Même si je me rendais bien compte que j’étais toujours un peu différente des autres, je m’en accommodais. Cela avait quand même tendance à inquiéter mes parents, qui se demandent pourquoi je préférais rester chez moi à lire des livres avec mon plaid, que sortir avec mes amis. Personnellement, je me sentais très bien ainsi et il fallait me sortir de force pour aller à des soirées ou à ce type d’activité. C’est après le bac que l’écart a vraiment fini de se creuser. J’ai arrêté mes études et je me suis éloignée des personnes de mon âge.

Avec du recul, je crois réellement qu’en trois ans d’années sabbatiques (lire mon article : ici), j’ai facilement pris dix ans dans la tête. Il paraît que la vingtaine c’est la meilleure partie de notre vie, qu’il faut « profiter » comme les plus âgés disent. Au départ, j’ai essayé de rentrer dans les normes de la jeunesse : les soirées à droite à gauche, rentrer à 6 heures du mat, les premières cuites, les premiers joints, etc. On ne va pas se mentir, j’en ai vite fait le tour.

On m’a souvent dit que quand on est jeune, on peut faire trois nuits blanches de suite sans soucis, que le lendemain on est frais comme la rosée du matin. Honnêtement, moi les lendemains soirées, j’ai toujours l’impression d’être au bout de ma vie et je dors toute la journée. En plus, je mets trois jours à m’en remettre. Je crois que c’est ça qui m’a mis la puce à l’oreille et où je me suis dit que j’étais vraiment vieille avant l’heure.

En plus contrairement à mes potes, moi le week-end j’avais envie d’être productive sur mes projets personnels. Alors comment vous dire qu’un lendemain soirée, ça ne m’a jamais vraiment mise dans un état de très grande productivité. Du coup, j’ai très vite trouvé que « s’amuser » à mon âge, c’était très ennuyant et que cela me faisait perdre beaucoup de temps. Malgré cela, j’ai mis assez longtemps à accepter que ce n’est pas mon truc et que moi je préférais passer mes soirées à lire avec ma tisane.

Honnêtement, je pense que la partie « productivité » dans ma vie, a toujours eu une place prédominante sur le reste. À partir du moment où je n’ai plus eu de stimulation intellectuelle à l’école, il m’a paru encore plus important de trouver cela dans mes activités. Une fois mes études arrêtaient, je pouvais enfin choisir ce que je voulais faire de mon temps. À partir de ce moment-là, je me suis vraiment rendu compte de mon pouvoir et de mon devoir de bien utiliser mon temps. Même aujourd’hui, j’ai encore cette manière de penser mon rapport au temps.

Du coup, je me suis lancé dans de nombreuses activités. Mon boulot en grande surface étant particulièrement ennuyant, il fallait que je m’occupe la tête et que je fasse des choses pour moi le reste du temps. En parallèle de mon activité de mon blogging, je me suis lancé dans la musculation. J’avais un rythme de vie très sain, bien loin de celui des jeunes classiques. Cela a encore augmenté la distance entre moi et les autres. Je refusais de nombreuses sorties, afin d’être en forme le lendemain, pour pouvoir mener à bien mes journées. J’ai toujours eu ce sentiment de responsabilité dans ma vie et je dois avouer que mon insouciance a très vite était balayée dans mon enfance.

En y réfléchissant un peu, je pense que c’est aussi le fait d’avoir très jeune était embarquée dans les problèmes d’adultes, qui m’a fait vieillir plus vite. Dans un contexte familiale, où l’on me considérait parfois comme une adulte, j’ai dû rapidement prendre ce rôle. Par la suite, c’est le voyage qui m’a fait mûrir à une vitesse folle.

Depuis de nombreuses années, je suis passionnée par le développement personnel et en général par la santé et le bien-être au naturel. Ce qui implique d’avoir une bonne hygiène de vie, mais aussi de travailler énormément sur soi. En voyageant, j’ai continué à beaucoup travailler sur moi et à développer ma personnalité propre. Apprendre à se connaître et à s’accepter demande un temps considérable et cela ce fait au rythme de chacun. Personnellement, je continue à me redécouvrir chaque jour et j’essaye de m’améliorer toujours un peu plus.

Durant mes plusieurs mois de voyage, qu’il soit en Europe, ou en Asie, la vie m’a toujours portée vers des personnes plus âgées que moi. En général, j’aime particulièrement discuter avec des gens beaucoup plus âgés, qui ont une expérience de la vie bien plus avancée que la mienne. Même dans mes relations amoureuses, j’ai très vite été porté vers des hommes plus proches de la trentaine, que de la vingtaine. Au début de mes voyages, j’ai vécu presque trois mois avec des mecs trentenaires et je crois que cette expérience m’a réellement vieilli en accéléré.

D’ailleurs, malgré mon physique en adéquation avec mon âge, les personnes qui discutent avec moi ont souvent tendance à me vieillir. On m’a régulièrement dit que mon discours est bien plus mature que celui d’une personne de vingt ans. À l’opposé, on peut facilement me reprocher d’être « une petite vieille ». Cela s’impose à moi pour différentes raisons.

En effet, je suis du style à aimer les activités de petite vieille : vivre à la campagne, dans le calme, à avoir une vie simple et tranquille. J’aime passer du temps à lire, à m’instruire, à écrire, à créer, beaucoup d’activités qui sont plutôt associées à des personnes plus âgées. Évidemment, je n’aime pas vraiment sortir, je suis très casanière et j’aime rester chez moi avec ma tisane et mon plaide pilou-pilou. Dans cet article je t’explique pourquoi être casanier n’est pas un problème ! Cela ne sert à rien d’aller à l’encontre de ce que je suis, j’aime avoir une vie de mamie ;).

Finalement, avec le temps, j’ai appris à accepter cette partie de moi et même à l’aimer. Je trouve que c’est aussi ce qui fait aussi mon charme et je ne regrette pas du tout d’être une « petite vieille ». Plus le temps passe, plus je m’aperçois que même si mon enveloppe charnelle est encore jeune, mon âme, elle, est bien plus vieille. J’ai arrêté de me forcer à faire des activités de jeune, quand je n’en ai pas vraiment envie. Même si parfois cela m’arrive encore, c’est des activités que je choisis consciemment. Je pense qu’il ne sert à rien de vouloir absolument rentrer dans le moule et qu’il faut accepter nos différences telles qu’elles soient.

Personnellement, je me sens beaucoup mieux depuis que j’assume totalement cette partie de moi-même. Je me fous bien aujourd’hui d’être traité de « petite vieille », je le prends même comme un compliment ! Finalement, pourquoi serait-il mal vu d’être plus mature que son âge ? Je ne suis vraiment pas sûr que « profiter de sa jeunesse » veuille dire qu’il faut sortir faire la fête tous les week-ends, boire plus que de raison et faire un peu n’importe quoi. Il y a d’autres manières de s’amuser, de profiter et de passer du bon temps entre amis.

De mon côté, je m’épanouis complètement spirituellement, j’aime évoluer dans mon cheminement intérieur et c’est ma manière de profiter aussi. La créativité et la création de contenu sont aussi une joie pour moi au quotidien. Je trouve beaucoup plus d’épanouissent quand je développe mes connaissances et mes compétences, que quand je fait la fête. L’un est aussi bien que l’autre, le principal, c’est de faire ce qui nous apporte du bien-être et ce qui nous plaît réellement !

Le message principal qu’il faut retenir dans cet article, c’est qu’il vaut mieux s’accepter et faire les choses pour nous, que de se forcer pour plaire aux autres et aux diktats de la société ! Si vous vous sentez bien dans vos bottes, les gens finiront par comprendre que vous êtes comme ça et qu’il faut l’accepter. Personnellement, je suis une petite vieille et vous savez quoi ? J’adore ça ! Et vous, faites-vous partie de la team des petits vieux ?

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