À vrai dire, je me suis toujours senti une âme anticonformiste. Petite déjà, j’avais tendance à tout remettre en cause, le fruit d’un questionnement incessant. Ma tête a constamment été comme une casserole en ébullition, toujours prête à déborder. À partir de là, la création a été mon échappatoire.

J’ai souvent eu cette image de moi, un peu à la bohème. Les lunettes sur le nez, le crayon en équilibre sur l’oreille et les fleurs dans les cheveux. Parfois même, j’avais une guitare posée sur les genoux. Pour être tout à fait honnête, la gloire ne m’a jamais vraiment intéressée. Moi, je vois plutôt la vie comme un tableau. On y fait une multitude d’essais, puis à l’arrivée, on découvre notre œuvre. Parfois surpris, parfois émerveillé, parfois un peu rancunier.

Récemment, j’ai enfin pu mettre un mot sur ce que je ressens depuis des années : l’hypersensibilité. Être hypersensible, c’est avant tout ressentir le monde avec mille fois plus d’intensité. Nos sens sont décuplés, stimulés de toute part, envahis par la lumière, les sons, les odeurs. Croyez-moi, c’est loin d’être toujours évident de tout gérer.

Être hypersensible, c’est aussi être plus empathique, plus connecté à soi et aux autres. Les émotions s’accumulent, les énergies se mélangent, les questions se bousculent. Alors, pour ne pas exploser, je me libère dans la création.

Plus j’avance dans mon parcours, plus je me rends compte que j’ai ce besoin de créer. D’essayer de donner un peu de sens à ce monde qui me semble tellement en manquer.
Petit à petit, cette obsession me devient viscérale. Mes mains, mon esprit, mes sens, me supplient de les utiliser. Je dois leur donner toujours plus d’importance, pour me soulager.

Je ne me suis jamais vraiment senti à ma place dans cette société. Toujours en marge, trop souvent à l’ouest. Je regarde les gens s’activer autour de moi. Puis souvent, je fais comme eux, pour me sentir pendant quelques instants intégrée. La vie est comme une grande valse. Soit tu prends part à la musique, tu synchronises tes pas, soit tu sors de la danse.

Heureusement, à côté, tu peux créer ta propre danse. Celle qui suit ton propre rythme, dont tu es le seul guide. Alors bien sûr, cette danse-là, elle n’a pas les mêmes codes, on peut vite s’y sentir perdu. Mais elle nous ressemble et c’est ça qui lui donne toute sa beauté, son individualité.

Pour une hypersensible, créer sa propre danse est presque une nécessité. Il y a ce besoin intérieur de suivre son propre tempo, d’écouter ses besoins, ses ressentis. C’est dans la création que j’appréhende au mieux tout cela. Créer me permet de me reconnecter à mon intuition, de me laisser guider par le rythme de mon cœur.

En fait, ce qui m’excite dans la création, c’est d’entreprendre. Se permettre de débuter, d’essayer, de se renouveler, d’être en quête perpétuelle de renaissance. Voilà comment je vois la création, un chemin de découverte de soi, bordé par des milliers de remises en question. Puis à nouveau, un commencement, une renaissance et ça recommence.

Pour revenir à mes lauriers, je ne suis pas vraiment décidé à faire comme les autres. Finalement, je dois me rendre à l’évidence, ça ne m’intéresse pas vraiment. Moi, j’aime bien être dans mon coin, à bricoler mes petites affaires. D’ailleurs, on me dit souvent que je suis une ermite.

Je ne suis pas sûr que vivre dans une petite cabane au fond des bois améliorerait mes relations sociales. Pourtant, j’en rêve dans un petit coin de ma tête. Une vie simple, de création, de partage, d’apprentissages, de passions, qui me permettrait de gagner juste assez pour m’autosuffire. Je me dis que si j’y crois fort, c’est sûr que ça se réalisera 🌛.

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