petite boule
Le jour où j’ai décidé de m’écouter !

Voilà maintenant deux ans que j’ai décidé de sortir des rangs. Je dois dire que je ne sais toujours pas vraiment pourquoi j’ai fait ce choix. Après avoir obtenu un bac littéraire sans trop de difficultés, mais en y accordant quand même le travail que cela méritait, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de tout arrêter.

Bien sûr, j’ai d’abord un peu tenté de faire comme tous les autres et c’est avec brio que j’ai échoué sans vraiment faire de fautes. J’avoue que deux après, je ne regrette pas ma décision, trois jours sur les bans de la fac on suffit à me convaincre que je ne voulais pas à nouveau de cette punition. J’avais déjà passé quinze ans de ma vie, assise le cul sur une chaise, à écouter des profs déblatérer des cours sans aucune originalité, j’avais eu ma dose de cette éducation remplie de fictions.

Cette petite boule, qui me fait du mal…

Alors, dans un élan désespéré et angoissé, j’ai décidé de tout arrêter. S’il y a bien une chose qui ne m’a jamais réellement quitté dans ma vie, c’est cette petite boule d’angoisse que se forme au niveau de mon cœur, quand je fais les choses à contre-cœur. Si je devais décrire ce ressenti, je dirais c’est comme un sentiment de grand étouffement, comme si mon cœur se resserrait petit à petit, comme si mon âme mourrait au fond de mon lit. L’angoisse me prend à la gorge, mes yeux se mouillent sans cesse, mon corps se crispe dans tout son être et je reste parfois comme tétanisée, des heures et des jours entiers, sans rien ne pouvoir vraiment y faire.

Plus il y a d’obligations, plus les choix sont importants, plus les contraintes se font nombreuses, plus ce sentiment s’empare de moi et finit par me mettre à part. J’ai l’impression d’être coupé de ma liberté, séparé de moi-même et la vie dans son long fleuve m’entraîne. Je panique, je me débats, je fais des petits cris sans voix. Parfois je m’y abandonne un peu, juste le temps de soulager ce feu qui brûle en moi, qui retourne mon estomac. Je ne sais pas quoi faire, je stresse, j’ai peur, c’est l’enfer. Accumulation de doutes, de peurs, d’angoisses, tout à coup la vie me terrasse.

Le jour où j’ai décidé de m’écouter…

J’avais toujours pensé que c’était normal de ressentir tout cela, que c’était pareil pour tous les gens autour de moi. Puis un jour, j’ai décidé d’arrêter de faire partie de cette mascarade que je jouais depuis des années, de la petite fille qui faisait tout ce qu’on voulait et j’ai enfin décidé de m’écouter moi, qu’importe ce que la société en dira ! Pour la première fois de ma vie, j’ai écouté le cri de mon cœur, j’ai fait taire cette pression qui me serre tant les poumons. J’ai pris une grande inspiration et je me suis dit « Ok Julie, ça va aller ».

Deux ans plus tard, je sais que j’ai fait le bon choix. Pourtant, cette petite boule est restée dans ma vie, revenant toujours plus forte, toujours plus stridente. Je le conçois, j’ai peut-être l’impression qu’elle a pris plus de place dans ma vie, parce qu’enfin je me suis mise à l’écouter. Après l’avoir enterrée pendant plusieurs années, en essayant au plus possible de la cacher, je lui ai finalement permise de totalement s’exprimer en moi.

Pourquoi j’ai décidé d’écouter cette petite boule qui brûle en moi ?

Ce qui est assez marrant avec cette petite boule, c’est qu’elle apparaît au gré de ses envies, quand elle sent que je m’éloigne de mon chemin de vie. Quand je fais ce que j’aime, quand je suis libre de suivre ma voie, sans ni contraintes, ni lois, elle sait se faire toute petite et ma vie devient parfaitement idyllique.

Malheureusement, j’ai été éduqué dans une société où dès notre plus jeune âge, on nous explique que la vie ça doit être difficile, contraignant et que ce n’est pas grave si on déprime. À quoi bon avoir une vie marrante, alors que la société nous offre un chemin tout tracé vers une vie chiante ? Bosser cinquante ans de sa vie, pour un patron qu’on méprise, parce qu’on doit rembourser toutes les dettes qu’on a prises et en rab il faut se farcir des conversations avec gens qui n’ont rien à dire et un quotidien triste à mourir. Bon d’accord, peut-être je dramatise un peu la chose, mais c’est pour bien vous faire comprendre l’idée, celle que j’ai décidé d’abandonner. À partir du moment où j’ai décidé d’écouter mon cœur, j’ai su que cette vie n’est pas pour moi.

Celle qui est aujourd’hui devenue mon guide…

Alors, qu’est-ce qu’il faut faire quand on ne trouve pas sa place dans cette société ? Je cherche, j’essaye, je tâtonne, parfois ça fonctionne et puis d’autres fois, mon cœur à nouveau raisonne. L’avantage de cette petite boule, c’est qu’elle est au fur et à mesure devenue ma petite boussole intérieure. Chaque fois qu’elle m’étreint le cœur, que mon angoisse se fait plus forte, que ma respiration devient plus difficile, je sais que je ne suis plus sur la bonne voie et que quelque chose ne va pas.

En principe, quand quelque chose cloche, je le sais dès le départ. Le problème c’est que mon cerveau est beaucoup plus lent que mon cœur pour comprendre et accepter les choses. Alors, dans ces moments-là, je dois savoir prendre mon mal en patience, en attendant que mon corps et mon esprit soient à nouveau prêts eux aussi à sauter dans ce vide immense.

À la fois terrifié par le changement et horrifié par le quotidien, voilà le plus gros défi que m’a confié la vie. Je ne sais pas où cette petite boule m’amènera, mais une seule chose est sûre, je peux lui donner toute ma confiance. Même si parfois je dévie de mon chemin de vie, je sais qu’elle sera toujours derrière moi, pour me rappeler que cela ne va pas, que je n’ai pas fait les bons choix. D’ailleurs, quand je n’écoute pas cette petite voie à l’intérieur de moi, mon corps non plus ne me suit plus. Lentement, il me fait payer le fait que j’essaye de mettre cette petite boule qui m’étreint de côté. Si ton cœur tu n’écoutes pas, ton corps te punira, voilà la leçon que j’ai finie par en tirer. 

Il suffit simplement de remplir son cœur de courage…

Souvent, il est difficile pour nous de tout remettre en question, de tout quitter pour ne pas suffoquer, mais c’est pourtant le choix que j’ai souvent fait. Parce qu’il m’est insupportable d’accepter de priver ma vie de liberté, de vivre une existence monotone et ennuyeuse juste parce que c’est plus simple que de changer, de passer mes journées à subir cet étau qui m’enserre le cœur et qui me prive de respirer. Malgré ce que certaines personnes peuvent penser, ce n’est pas manquer de courage que de ne pas vouloir vivre une vie remplie de contrariétés. Le plus dur, c’est justement d’avoir le courage de tout envoyer balader pour une vie d’inattendue, où on ne sait pas ce qui va arriver. Mais une chose est sûre, quand ma petite boule disparaît, je sais que j’ai emprunté la voie qui m’était destinée.

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