Comment accepter notre impuissance ?

impuissance

Parfois, on se sent impuissant. On voudrait aider, sauver, taper, mais on ne peut pas agir, pas intervenir. Chaque jour, la vie nous confronte à des centaines d’affaires, où l’on ne peut rien faire. Que ce soit face à des événements, des comportements, des actions, il est parfois compliqué, d’accepter notre inutilité.

Depuis que je suis en Asie, j’ai été de nombreuses fois confrontée, à des choses que je ne pouvais pas contrôler. Il arrive souvent que nous côtoyons une misère, où la seule chose que l’on peut faire, c’est se taire. Face à ces choses-là, on est toujours un peu triste, triste de ne pas pouvoir aider, triste de ne pas faire assez. On a tendance à se sentir déconcerté, attristé, parfois même, à culpabiliser. On voudrait pouvoir faire plus, donner plus, mais notre incapacité, finit toujours par nous faire douter. Alors, on fait comme si rien n’existe, on devient laxiste. C’est ensuite dans une insolente culpabilité, qu’on décide d’abandonner.

Abandonner, c’est décider d’arrêter de se condamner, pour quelque chose qu’on ne peut pas contrôler. Abandonner, c’est accepter de lâcher prise, sur quelque chose où l’on n’a pas d’emprise. Abandonner, c’est accepter de dire OK, je ne peux pas aider. Loin d’être facile, c’est un choix compliqué, car il nous donne l’impression d’avoir échoué.

L’impuissance, est une des choses qui fait appel à notre conscience. Souvent, elle nous ramène à une triste vérité, une mauvaise réalité, qu’on préférait ignorer. En étant une offense à nos valeurs, elle grignote notre humeur, écorche notre honneur et sabote notre bonheur. Difficile d’y résister et pas facile à accepter, l’impuissance ronge nos pensées, comme si elle essayait de les enterrer, de nous soulager.

On ne peut pas toujours agir, toujours choisir, il faut aussi subir. On voudrait parfois crier, se révolter, dire que tout cela n’a pas de raisons, pas de justifications. On ne comprend pas, on ne veut pas, on voudrait pouvoir tout contrôler, que rien ne soit arrivé. Face à l’impuissance d’une situation, nous devons prendre une décision. Nous pouvons choisir de nous y confronter ou décider d’oublier. Dans les deux cas, il faudra finir par assumer.

Si j’ai décidé de partager ma réflexion, c’est parce que j’avais besoin de partager mon impuissance, comme une manière de soulager ma souffrance. J’ai longtemps culpabilisé, de ne pas pouvoir assez aider, de ne pas pouvoir solutionner les problèmes auxquels les gens étaient confrontés, de ne pas pouvoir les sauver. Notre société nous pousse à voir des choses, auxquels on ne veut pas se confronter, qu’il est simplement plus simple d’ignorer.

Regardons simplement les informations, elles sont bourrées d’atrocités. Observons nos rues, elles sont remplis d’animosité. Nous sommes chaque jour plongé, dans un monde sans pitié. Nous sommes sans cesse sollicités par des événements extérieurs et parfois, leur grandeur, leur malheur, nous font peur. Effrayé de ne pas pouvoir les sélectionner, nous préférons ne pas y penser, faire comme si rien n’existait.

Accepter notre impuissance, est-ce alors une manière de soulager notre conscience ? En effet, en occultant une partie de la réalité, nous avons l’opportunité de mieux vivre ce à quoi nous sommes confrontés. Les choses deviennent moins douloureuses, moins hargneuses. Nous pouvons alors nous déconnecter et accepter qu’on ne peut rien changer.

Face à notre sentiment d’impuissance, il est facile de se sentir inutile, futile, de ne plus y voir de sens, de perdre notre essence. On se sent déshonoré de ne pas pouvoir aider, désabusé par notre propre incapacité, à ne pas pouvoir solutionner ce problème qui nous est imposé. On voudrait tant pouvoir tout changer, modifier ce qui est, ne plus avoir à nous y confronter.

L’injustice des actions, nous pousse dans nos retranchements, nos comportements. Il y a cette petite fille chez mon voisin, parfois ils hurlent et je sais que tout ne va pas bien. On m’a dit que chaque jour ça recommençait, que chaque jour il la battait, que cette petite fille pleurait. Je ne sais pas comment l’aider, comment la sauver, je me sens révolté. J’aimerai tellement pouvoir lui tendre la main, lui dire que tout ira bien, la prendre dans mes bras, lui souffler que ça ira. Je ne sais pas quoi faire, je me sens impuissante, dégoûtante de faire comme si rien n’était, de faire comme si tout allait. Alors, j’essaie d’accepter, de me dire qu’on ne peut pas toujours aider, pas toujours tout solutionner. Mais ça me fait mal, ça écorche mon âme. J’ai envie de lui dire d’arrêter, de le supplier de se stopper, que frapper n’a pas de portée, que c’est son petit bébé. Mais je ne peux rien faire, ce n’est pas mon affaire.

La vie n’est pas toujours facile. Nous devons accepter, l’inacceptable, contrôler, l’incontrôlable. Nous devons trouver des arrangements pour soulager notre conscience, pour apaiser notre impuissance. On ne pas tout décider, tout solutionner, je sais, triste réalité. Être parmi tous les êtres, âme parmi toutes les âmes, on ne peut pas être le sauveur, de tous les malheurs. Notre impuissance, peut nous provoquer des grandes souffrances, mais la refuser, ne va pas l’éliminer. Alors, j’ai décidé de l’accepter, telle qu’elle est.

Si tu as toi aussi envie de partager ton rapport à l’impuissance et de m’expliquer comment tu la vis, tu peux venir en parler sur le groupe Facebook “UN JOUR, UNE QUESTION” ou en commentaire.

Kiss <3

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