calme

Cette dernière année aura été très riche en événements et en déplacements (voir cet article). Cela fait maintenant 1 an que j’ai quitté mon emploi et la sérénité de mon quotidien. J’ai fait beaucoup de rencontres, vécus énormément d’expériences et pas mal voyagé, en bref, une année bien remplie. Mon voyage de 5 mois en Asie du Sud-Est aura définitivement marqué un tournant dans ma vie. Cela est indéniable, ce voyage m’a beaucoup changé. Je n’ai que très peu parlé de mon expérience là-bas sur ce blog, même encore aujourd’hui, il m’est difficile de mettre des mots sur ces 5 mois d’aventures. Pourtant, petit à petit, j’y viens, j’en ai besoin.

Par nature, je suis une personne bouffée par les angoisses, je l’ai toujours été.

Petite, mes nuits étaient envahies par mon imagination débordante et trouver le sommeil était devenu un vrai calvaire. En grandissant, j’ai continué a me battre contre ces angoisses, parfois avec des rechutes, parfois avec des longues périodes où elles se faisaient plus discrètes. Sortir de ma zone de confort, de mes habitudes, de mon « chez moi », est toujours une étape difficile. La panique, les angoisses et ce sentiment d’insécurité qui revient sans cesse, j’ai toujours mené cette grande lutte contre moi-même. Je suis partie seule voyager en backpack en Asie en partie pour cela, j’avais besoin de me prouver que je pouvais y arriver, que je n’étais pas « faible ». Je ne voulais pas que mes angoisses m’empêchent de vivre, de réaliser des choses, d’une certaine manière, je ne voulais pas qu’elles gagnent.

Alors, j’ai pris mon courage à deux mains. Cela n’a pas été facile, loin de là. Ce voyage a été un cadeau de la vie que je me suis fait et certainement la chose qui m’a le plus transformé. Mais surtout, j’y ai compris énormément de choses. J’ai aimé l’exaltation de l’aventure, la joie des découvertes, l’excitation des rencontres et tellement d’autres choses. Je me suis sentie vivante et cela m’a fait le plus grand bien. Pourtant, une autre facette de ce voyage m’a été beaucoup plus douloureuse.

Durant toute cette dernière année, la vie m’a donné des opportunités me forçant à sortir de ma zone de confort. J’ai quitté mon quotidien, mes habitudes, mon entourage, tout ce qui constituait ma sécurité. Comme un grand saut dans le vide, auquel je n’étais pas particulièrement préparé. Dieu merci, nous possédons tous en nous des ressources insoupçonnées. J’ai réussi, je l’ai fait et même si cela me semble irréaliste, j’en suis fière.

Ce dernier voyage a été une expérience magnifique, mais je sais que pour l’instant je ne suis pas prête à repartir.

J’ai peut-être encore du mal à me l’avouer, mais je ne suis pas faîte pour tout cela. J’adore voyager, ce n’est pas le problème. Mais j’ai réalisé que ce que j’adore le plus, c’est avoir mon petit quotidien, mon équilibre. La vie de vagabond, j’en ai longtemps rêvé et après avoir essayé un temps, je suis bien contente de retrouver ma petite vie tranquille. Je sais que je repartirai, j’aime découvrir d’autres pays, d’autres cultures. Mais je sais aussi que je le ferai différemment, plus en accord avec moi-même.

Aujourd’hui, après être finalement rentré, je réussis petit à petit à reprendre mes marques. J’emménage pour la première fois dans un appartement seule et en centre-ville. Je vais commencer un nouveau travail, qui m’excite tout particulièrement et pour une fois, j’ai vraiment envie d’aller jusqu’au bout de celui-ci. Je ne rêve plus que d’une seule chose : du calme. Bien sûr, je parle d’un calme dans ma vie, quand la routine reprend ses droits et que la vie coule sans trop d’embûches. Mais surtout, je parle d’un calme intérieur, que j’ai eu tant de mal à trouver cette dernière année. Comme dans une perpétuelle agitation, j’ai parfois l’impression d’être dans une machine à laver qui tourne sans cesse, sans que le cycle ne soit jamais terminé.

J’ai réalisé à quel point ce mode de vie m’épuisait lentement. Bouger tout le temps, s’organiser, s’adapter aux gens, aux modes de vie, tout cela demande une énergie considérable pour moi et actuellement, je n’en ai plus envie. Ces perpétuels changements ne me permettent pas encore d’avoir un équilibre stable, peut-être qu’un jour cela viendra, je n’en sais rien. Pour l’instant, je ne suis pas prête à m’y replonger de suite.

En ayant mis des mots sur ce que j’ai toujours été et en apprenant à mieux me connaître, j’ai découvert que j’étais hypersensible.

J’y reviendrai plus tard, mais cela m’a aidé à comprendre beaucoup de choses. Quitter sans cesse ma zone de confort, me demande beaucoup d’énergie pour combattre mes peurs, mes angoisses et mes émotions débordantes. Toute l’énergie que je dépense là-dedans est épuisante, autant pour mon corps, que pour mon mental. J’ai besoin de me retrouver, de prendre du temps pour digérer toute cette dernière année, pour me relancer sur des nouveaux projets, plus calmes, mais qui n’en sont pourtant pas moins excitants. Le quotidien, la routine, les habitudes, tout cela me fait du beaucoup de bien, ça m’apaise.

Je sais que l’on ai dans une société qui ne laisse souvent que peu de place à la sensibilité. Il faut toujours faire plus, faire mieux, se dépasser. Personnellement, avec du recul, je pense aujourd’hui qu’il faut surtout apprendre à s’écouter et à suivre son instinct, son cœur. La vie ce n’est pas une course à l’expérience, ce n’est pas une course aux voyages, à qui aura la meilleure vie, la plus remplie, ce n’est pas une course tout court.

Beaucoup de personnes idéalisent ce que j’ai pu vivre, se persuadent que leur vie sera meilleure demain, dans un futur illusoire, dans des attentes sans fin. Pourtant, c’est moi aussi ce que j’ai pu faire, alors même que j’étais censé vivre le « rêve » tant escompté. Je suis rentré dans une course effrénée, à vouloir toujours faire plus, voir plus, vivre plus. La vie ne met jamais rien sur notre chemin pour rien, j’avais besoin de passer par tout cela, j’en ressors grandi.

Maintenant, je m’aperçois que ce « vivre plus » n’a aucun sens.

On vit, chaque jour, chaque minute, chaque instant. Il y a un proverbe qui dit : « L’homme est un éternel insatisfait », je peux qu’acquiescer. Je pense que cela vient en partie de notre société, qui est toujours plus exigeante et qui nous force par conséquent à l’être aussi, envers nous-même et envers les autres. On idéalise les autres, leur vie, on se dit que la nôtre est misérable et on se relance dans la course. Triste réalité, je le conçois.

Je pense que cette dernière année m’a appris une chose essentielle : il n’y a pas de « mieux » ailleurs ou après, le mieux c’est maintenant. Faire chaque jour ce que l’on aime, suivre ses envies, ne pas avoir de regrets. Votre quotidien sera toujours merveilleux, si vous le vivez avec passion et acceptation. Une chanson populaire me revient alors en tête « Il en faut peu pour être heureux. Vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire. », maintenant que j’y repense, je me dis que ce n’est pas si bête. Faite ce qui vous plaît, ce qui anime votre petite flemme intérieure, ne laissez jamais la braise s’éteindre. Savoir s’écouter, suivre son cœur et son instinct, c’est peut-être cela la clé du bonheur…

En attendant, je vais retrouver un peu de calme dans ma vie, je sens que c’est ce dont j’ai besoin et je suis sûr que cela va me faire le plus grand bien !

Plein d’amour,

Kiss <3

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